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vendredi 22 octobre 2010

Venir au monde

On m’a prêté cet ouvrage à l’occasion d’un voyage à Sarajevo. Sûrement une de mes plus belles lectures depuis longtemps. Une écriture choisie, précise et délicate, presque poétique.

Gemma, italienne érudite, emmène son fils visiter Sarajevo, la ville où il est né. Rien n’est dit dans cette phrase, ni dans le titre aux apparences mièvre. Avec « Venir au monde » Margaret Mazzantini accouche d’un roman charnel et incisif qui nous transporte de l’Italie à la Bosnie (et inversement) avec tous les remous que peut comporter un voyage dont la névralgie est le ventre de Sarajevo 92-96.

Ce roman couple la violence et la douceur, compose avec des personnages auréolés d’amour que le destin pousse à comprendre la profondeur du monde et la complexité de la vie. Une histoire de phénix, où chacun mène une quête obsessionnelle, où les époques se croisent pour faire danser les souvenirs, la nostalgie, la rage, la douleur, la joie, l’ivresse. Pour nous perdre aussi, dans un flot de sentiments, de sang et de sens, dans l’odeur de sueur de Gojko, dans les entrailles de Gemma, dans la Slivovishka, dans les cuirs de Diego et les t-shirts crades de Pietro…

Blaise Cendrars disait « Je ne trempe pas ma plume dans l’encrier mais dans la vie », Venir au Monde serait né de cette encre là. 


Par Zélie